Et si le plus important était dans le voyage, pas dans la destination … Questionnez-vous !

Nous vivons dans un univers de perpétuelles performances et d’immédiateté : quotidiennement on se charge de nous fixer (ou nous nous fixons nous-mêmes) des objectifs de plus en plus ambitieux, des buts toujours plus difficiles à atteindre qui remplissent et monopolisent nos pensées sans répit.

Si ces objectifs permettent d’orienter notre vie, nos gestes et nos actions, s’ils semblent donner un sens à ce que certains nomment la « quête du bonheur », ils ne doivent pas nous faire oublier l’instant présent.

Certes le projet est salvateur mais à se projeter sans cesse au lendemain on en oublie souvent l’essentiel, le présent, l’ICI et MAINTENANT.

La réalisation de nos objectifs nous apparait parfois comme la condition sine qua non à notre épanouissement personnel : réussite = bonheur !?!?

L’indice de la réussite humaine se « matérialise » soit par l’atteinte d’objectifs (professionnels, sportifs), soit par la possession : « J’ai réussi car j’ai une belle voiture, une maison de rêve avec vue mer, je peux m’offrir des vacances à l’autre bout du monde, des vêtements de marque, une montre de luxe… »

On mesure donc la réussite humaine comme on pèse un légume sur le marché, cet homme d’affaires « pèse » des millions !

C’est d’autant plus flagrant que cette obsession touche désormais les plus jeunes : les adolescents consacrent d’emblée leurs premiers gains aux dernières technologies populaires à la mode pour avoir le sentiment d’appartenir à un clan : Le dernier I-phone « branché » coute presque l’équivalent d’un mois de salaire minimum…

Voilà le cercle vicieux dans lequel bon nombre d’individus s’embarquent, sans réellement comprendre ce qui se passe, sans chercher à prendre le temps de la réflexion.

Un bonheur immédiat bien éphémère …

L’acte d’achat vient satisfaire un besoin de récompense immédiat : « J’ai travaillé je peux me faire plaisir ! », « Je ne l’ai pas volé j’ai bossé pour… » :  Nous nous récompensons d’avoir travaillé dur et nous travaillons encore plus dur pour mieux nous récompenser.

Lorsque nous faisons l’achat d’un bien, il nous apporte certes une forme de joie intérieure, peut-être même nous rend-il « heureux » sur l’instant même.

Mais ce qui devrait nous interpeler est que si la possession nous rendait si « heureux » pourquoi dès que nous avons acheté l’objet tant convoité de nos rêves, cette satisfaction s’étiole quelques heures voire quelques semaines avant que de se remettre en quête d’un nouvel objet de convoitise ?

La finalité de nos actions semblerait alors bien supérieure à nos actions elles-mêmes !

Qu’importe tous mes sacrifices, la réussite sera plus importante que la quête : « si je termine cette course, si je possède ce bien ou cet objet, si j’obtiens cette promotion alors, je serai enfin heureux ». Quel leurre !

Cette quête immédiate ne serait-elle pas le chemin le plus éloigné du bonheur ?

Et si la réalisation de nos objectifs n’était en fait qu’une fuite en avant vers le « toujours plus » : une parfaite création fantasmagorique de notre cerveau qui nous illusionne?

De passif à proactif, mais sans attente …

Rien ne se fait sans efforts ni sacrifices, sans implications ni engagements, sans choix ni responsabilités (…) mais là où réside justement cet ultime défi, c’est de pouvoir lâcher prise alors même que nous venons enfin de décider de nous engager en devenant le sujet de notre propre existence (et non plus l’objet des circonstances).

L’explosion de joie n’est donc pas toujours à la hauteur de ce que l’on aurait pu imaginer. 

Qui n’a jamais été en deçà de l’euphorie tant convoité ? Serions-nous trop dans l’attente de … ?

Et si finalement, le bonheur, était dans l’expérience vécue, dans le chemin à parcourir plutôt que dans le but à atteindre ?

Bien entendu il est fondamental de se fixer des objectifs, mais ils ne doivent pas être calqués sur ceux de la société. Qu’ils soient sportifs, professionnels ou personnels, ils doivent nous ressembler et être S.M.A.C. (spécifique, mesurable, accessible, compatible)

Quel que soit le niveau du grimpeur, l’ascension de la montagne lui procurera un plaisir unique bien plus grand que de simplement poser le pied au sommet du col.

Dans notre quotidien, si nous prenons le temps d’appréciez chaque pas, chaque paysage, si nous maitrisons nos doutes, si nous parvenons à vaincre nos peurs, si nous vivons pleinement chaque étape, c’est là que se trouvera notre joie et notre propre source de bonheur.

Car si les émotions sont universelles, le ressenti est forcément unique et subjectif, le plus important n’arrive donc pas au bout du chemin, mais bien au long du parcours !

Conservez toujours votre but en ligne de mire, restez fixé sur vos objectifs mais sachez profiter du moment présent : Ressentez l’instant présent, l’impermanence des choses dans votre corps, à travers tous vos sens en éveil pour toucher à une certaine forme de « Paix intérieure », elle vous permettra un détachement de l’objectif à atteindre. La quête est donc bien plus importante que la possession.

Atteindre son objectif implique donc de s’en détacher.

Si vous développez votre capacité d’attention et de concentration aux choses sans attente, si vous êtes bien présent en conscience sur le chemin à parcourir, quel que soit celui que vous vous fixez, ce qui devra être sera!

Le succès est la conséquence de tous nos actes et non un but à atteindre.

Dans le domaine sportif, certains athlètes de haut niveau alternent échecs et succès alors même que leurs capacités sont à leurs meilleurs niveaux: ils transmettent un manque de sérénité frappante le jour de la défaite ou au contraire donnent ce sentiment de « détachement » le jour de la réussite comme s’ils étaient dans une bulle, comme si la victoire n’était plus leur but ultime : ils sont simplement concentrés sur le chemin à parcourir pour y arriver.

La victoire finale devient une conséquence de l’ensemble des besogneuses et douloureuses étapes cumulées, pas à pas, lors des entrainements et des matchs précédents !

Concentrez-vous, comme un athlète, quotidiennement sur la préparation de votre objectif, mais faites déjà de cette préparation un véritable défi !

Vous accomplissez peut-être déjà quelque chose de magnifique : profitez de chaque moment et de tous ces petits instants uniques que vous vivez : les lever ou les coucher de soleil, l’air frais du petit matin, la rosée et les odeurs de la campagne lors des balades, des footings ou des sorties à vélo qui rythment votre préparation, les rencontres et les échanges enrichissants qui parsèment votre chemin,  les contractures, les douleurs et le stress qui empêchent l’endormissement ou vous réveillent au milieu de la nuitLa finalité devient secondaire, et c’est dans ces moment-là que l’on progresse et que l’on performe.

Sachez optimiser l’ensemble des itinéraires ( principaux et bis) que vous avez déjà empruntés jusqu’à aujourd’hui, « votre propre expérience » (vos succès et tous vos échecs).

Ils vous ont construit tel que vous êtes ICI et MAINTENANT.

Apprenez simplement à entendre et à accueillir peut-être encore un peu plus vos ressentis, sans attente immédiate, ouvrez-vous aux innombrables voies qu’il vous reste à découvrir : n’oubliez pas de respirer en conscience en respectant ces merveilleux temps de pauses que vous offre la vie.

À vous de jouer !

Signature Gilles Taraquois 2

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