Mémoire et traumatismes: quand notre passé est toujours présent …

Le rôle de l’Amygdale …

La majorité des accompagnants en thérapie brève ont déjà entendu parler du cerveau limbique et en particulier de l’amygdale. Cette zone du cerveau doit son nom à sa forme qui rappelle celle d’une amande. Comme pour la plupart des structures de notre cerveau, nous en possédons deux. Elles sont situées tout près de l’hippocampe, dans la partie frontale du lobe temporal. 

« L’amygdale est essentielle à notre capacité à ressentir et à percevoir chez les autres certaines émotions. »

C’est principalement le cas de la peur et de toutes les modifications corporelles qu’elle entraîne. Exemple :« Si vous êtes suivi dans une ruelle sombre par des individus louches et que vous sentez votre cœur palpiter, il est fort probable que ce soit votre amygdale qui s’active ! »

Elle gère l’instinct de survie et la réponse « combat ou fuite » qui intervient bien avant la conscience. 

La réponse COMBAT-FUITE a été décrite pour la première fois par le psychologue américain Walter BRADFORD-CANNON. Il explique que la réaction animale face aux menaces accompagnée d’une décharge émotionnelle générale (système orthosympathique), amorce l’animal à une réaction de combat ou de fuite.

« Cette théorie a été reconnue comme le premier stade du « syndrome général d’adaptation » qui régule nos réponses au STRESS. »

Exemple :« C’est ce qui provoque un arrêt brutal comme tétanisé et que notre adrénaline monte en flèche lorsque nous croyons que quelque chose ressemble à un serpent sur le chemin que nous empruntons, et qui nous laisse repartir calmement lorsque nous nous rendons compte finalement que ce n’était qu’une branche qui avait bougé. », « C’est cette même chose qui nous fait sursauter lorsque nous percevons un mouvement vif à nos côtés, qui nous fait nous accroupir ou nous recroqueviller lorsque nous entendons une explosion ou un cri strident. »

Comment fonctionne l’amygdale et quel est son rôle ?

L’amygdale décode les stimuli qui pourraient être menaçants pour notre organisme.

Nous recevons de multiples informations Visuelles, Auditives, Kinesthésiques, Olfactives et Gustatives qui proviennent de notre environnement et qui sont transmises à l’amygdale.Lorsqu’elles sont analysées comme pertinentes ou dangereuses pour l’organisme, elles vont activer des voies de sortie et générer des réponsesdes systèmes endocrinien et neurovégétatif associées aux émotions. 

L’amygdale donne donc la dimension émotionnelle des expériences sensorielles pertinentes pour l’organisme en utilisant 2 voies principales.

  1. Une voie rapide qui se fait totalement en dehors de la conscience et qui anticipe et met en route tous les processus nécessaires à la survie.« Dans un contexte de survie, il vaut mieux prendre un bâton pour un serpent que l’inverse. » 
  2. Une voie lente passant par le cortex et permettant une analyse du dangeret ainsi une possibilité de calmer la réaction rapide de l’amygdale enactivant le parasympathique « Après avoir pris conscience que ce n’est pas un serpent dans le buisson mais une branche, notre peur s’estompe, le cœur ralenti et la respiration redevient normaleNous retrouvons notre homéostasie. »

L’amygdale réagit aussi à certains mots, lus ou entendus, c’est la voie que l’on active notamment en sophrologie avec le terpnos logos (mode de discours lent,monotone, monocorde avec des paroles douces. Il agit sur l’état psychosomatique, en engendrant l’état sophroliminal (état modifié de conscience) : « un état de calme et de concentration de l’esprit propice aux changements ».

Les émotions qui l’activent le plus se classent dans un ordre décroissant :

Peur >dégoût >humour > émotion sexuelle > tristesse > colère

Dans un contexte d’accompagnement, nous travaillons sur les peurs essentielles qui font écho à chacun (résonance individuelle et subjective).  La simple éventualité de la peur qu’un événement se produise alimente la problématique :« Un fumeur qui a peur d’arrêter par la simple peur de grossir. »L’amygdale joue aussi un rôle essentiel dans la mémoire, les hormones qui entrent en jeu ainsi que leur rôle dans la mémorisation.

Les différentes mémoires et à quoi servent-elles ? 

Il y a un lien étroit entre les différents types de mémoire qui travaillent en collaboration pour enregistrer les différentes informations sur la durée.

  • Mémoire sensorielle Permet de retenir une information. Quand une image ou un son apparaissent, l’information est captée par nos yeux ou nos oreilles. Elle est ensuite mémorisée pendant une très courte durée (entre 300 millisecondes et 2 secondes) avant d’être envoyée à la mémoire à court terme. 

·      Mémoire à court terme ou mémoire de travail

Limitée et concentrée, elle nous permet de retenir une information durant une dizaine de secondes. C’est la mémoire par exemple que nous utilisons pour taper un numéro de téléphone : on le retient assez longtemps pour le composer, puis on l’oublie « Nous retenons environ sept chiffres. »

·      Mémoire à long terme

 On l’utilise pour se souvenir des informations pendant plusieurs heures voire toute une vie

Très sollicitée, elle n’est pas limitée mais elle n’est pas toujours fiable… C’est pour cela que nos souvenirs sont parfois un peu déformés par rapport à la réalité

Exemple : Plusieurs personnes qui ont vécu la même expérience ne se souviendront pas exactement des mêmes choses en fonction de leurs capacités sensorielles (VAKOG). Lors d’un choc traumatisant (attentat), certaines personnes se souviendront d’une scène, d’une couleur, d’un objet, d’une forme… d’autres d’une odeur, d’un bruit, d’un son, d’une substance (cendres, sang …)

Elle se divise en deux sous-types de mémoire, qui sont également composés de deux groupes.

1.    Mémoire implicite

  • Mémoire procédurale :elle concerne nos gestes automatiques. C’est celle que nous utilisons lorsque nous marchons, lorsque nous mettons en route le lave-vaisselle. 

Ces gestes, nous les avons appris un jour et les avons stockés dans la mémoire procédurale. Il s’agit de la mémoire de nos savoir-faire techniques

Nos souvenirs y restent longtemps (même dans le cas de maladie d’Alzheimer). C’est notamment pour cela que l’on dit que « le vélo ça ne s’oublie pas ».

  • Mémoire émotionnelle (ou mémoire inconsciente). Nous mémorisons certaines émotions durant notre vie, et elles nous sont rappelées sans que nous ne nous en rendions compte lorsque nous revivont des évènements similaires. 

Exemple : Si vous adoriez le gâteau au chocolat de votre grand-mère vous serez dans un état de bien-être à chaque fois que vous mangerez le même type de dessert … Si vous aimiez le parfum de votre maman ou d’un champ de lavande quand vous étiez enfant, vous serez de manière générale plus détendu et souriant lorsque vous entrerez dans un lieu qui sent ce même parfum.

« Notre mémoire émotionnelle a une forte influence sur notre humeur et notre comportement.« 

2.    Mémoire explicite

Quand vous avez conscience de vous souvenir de quelque chose de précis, c’est votre mémoire explicite qui entre en action.  Quand on vous pose une question, vous savez y répondre : « Quand vous entendez un air musical, vous mettez spontanément des mots sur ce souvenir, alors que vous ne l’avez peut-être pas entendu depuis des années… »

  • Mémoire épisodique ou mémoire autobiographique. 

Nous nous souvenons bien sûr de ce que nous avons fait la veille, mais aussi des desserts que nous faisait notre mère quand nous étions enfants.

On dit aussi souvent que c’est la mémoire qui nous permet de savoir où nous étions et ce que nous faisions lors d’un évènement dramatique et traumatisant.

Exemple : les gens questionnés sur les attentats du 11 septembre se souviennent avec précisions de ce qu’ils faisaient au moment des impacts…

Il s’agit d’une mémoire également en lien avec nos émotions puisqu’il s’agit de nos souvenirs personnels. 

Se rappeler de ses souvenirs peut être :

  • soit une action involontaire et subie (comme dans les cas de stress post-traumatiques),
  • soit une action volontaire dans le cadre d’un accompagnement thérapeutique.
  • Mémoire sémantique ou apprentissages théoriques : C’est la mémoire du savoir et de la connaissance / Notre culture générale, le sens des mots, à quoi servent les objets qui nous entourent …

Résumé tableau :

L’Amygdale est-elle à l’origine des troubles anxieux ?

Le passé reste présent, car l’amygdale réactive les émotions quelle que soit leur temporalité. Nos émotions sont une pile de « traumatismes » émotionnels du passé. L’amygdale nous permet de réagir presque instantanément à la présence d’un danger… nous comprenons souvent ce qui nous a effrayé seulement après avoir sursauté !

Mais comment cela est-il possible ?

Tout trouve son origine par une stimulation sensorielle quelconque : une forme étrange ou un bruit menaçant.  
Ce bruit circule dans le thalamus, passage obligé de tous les messages captés par les sens.
Il est ensuite transmis au cortex sensoriel approprié (VAKOG) où il est évalué et acquiert une signification. 

Si cette signification est menaçante, l’amygdale en est alors avisée et produit les réponses émotionnelles appropriées.

Exemple : « Si vous êtes en train de manger et qu’un évènement traumatisant se produit sous vos yeux, vous ne mangerez peut-être plus jamais l’aliment qui est dans votre assiette et vous développerez peut-être un sentiment de dégout à
chaque fois que ce même plat, chaud ou froid, et les saveurs, les odeurs, les couleurs et tous les phénomènes qui y sont associées se représenteront … »

NB : Seuls certaines personnes qui ont été entrainées (conditionnées) à accepter un « intolérable spécifique et ciblé » peuvent prétendre à gérer ce type d’évènement. Les militaires et policiers des forces spéciales, par exemple, tant qu’ils ne sortent pas du scénario pour lequel ils ont été formé !

Contre-exemple :« Un sniper pourtant entrainé à tuer des militaires ennemis, aura beaucoup de mal à agir sur un enfant ou une femme terroriste portant une bombe … Et s’il entre néanmoins en action, l’émotion suscitée va se cristalliser et restera violente et traumatisante même pour lui. »

C’est cette seconde route, beaucoup plus courte, donc beaucoup plus rapide, qui explique la rapidité de notre système d’alarme naturel.

Comme tout a un prix, cette route qui court-circuite le cortex ne permet qu’une discrimination grossière des objets menaçants. 

La confirmation qui émane de notre cortex qu’il s’agit bien d’un danger réel arrive seulement quelques millièmes de seconde plus tard mais ces fractions de seconde peuvent s’avérer fatidiques si nous ne l’avons pas anticipé.

 La difficulté à gérer nos émotions vient souvent du fait que notre subconscient (inconscient) ne sait pas faire la différence entre un évènement réel et présent et une pensée, un rêve où nous revivons ce souvenir traumatisant comme si nous y étions …

La prise de parole en public est pour moi insurmontable …

Une situation qui arrive plus souvent qu’on ne le souhaite : Se présenter lors d’un tour de table, animer une réunion, donner une formation … chacun de nous a connu ou connaitra ce type de situation délicate où il faut se jeter à l’eau.

La réalité c’est que : 

« Le seul ennemi potentiel en présence, c’est nous-même ! »

Il nous faut apprendre à dompter ce juge intérieur intransigeant et même « auto-saboteur ». 

Nous avons tous la possibilité de nous programmer positivement pour générer cette confiance et avoir accès à nos pleines ressources au moment opportun

Pour nous entraîner dans cette voie, des techniques existent :

La SOPHROLOGIE permet de prendre conscience de son corps, d’apaiser son esprit et de se visualiser positivement. Il est ainsi possible de vivre à l’avance en confiance cette fameuse prise de parole (sophro projection future). Le cerveau ne sachant pas faire la différence entre cette expérience positive et la réalité : le jour J, il vous amènera tout naturellement au résultat souhaité… 

Mais parfois l’émotion est trop grande, elle nous envahit, nous submerge et nous avons un trac de fou qui se manifeste par des palpitations intenses, un rythme cardiaque qui s’accélère, notre voix tremble, notre gorge se serre, nos mains deviennent moites, nos membres tremblent, nous avons même la sensation que nos jambes flanchent, une envie pressante d’aller aux WC se fait sentir …

« Ces effets physiologiques sont souvent très inconfortables et les regards des autres amplifient ces phénomènes perçus. Dites vous qu’ils sont non seulement normaux, mais surtout, qu’ils se gèrent avec un peu de pratique. »

Si, pour vous, le fait de respirer calmement et de visualiser n’y change rien, il existe d’autres techniques pour s’apaiser durablement. 

« Je préconise pour ma part, en complément de la SOPHROLOGIE, l’EFT (Technique de libération des émotions) qui permet de casser l’encodage négatif de la mémoire, par des rondes de tapotements sur 12 entrées et sorties des méridiens et de la verbalisation. Nous laissons faire naturellement notre corps pour désactiver définitivement l’émotion parasite et retrouver notre équilibre émotionnel. »

Pour qu’un événement soit encodé comme traumatique, il faut que 3 éléments se présentent :

  1. Que cet événement produise de l’émotion,
  2. Qu’il ait du sens (importance) pour la personne, c’est essentiel et ce qui fait que quelque chose d’apparence simple pour l’un peut être encodé comme un traumatisme pour un autre. 

Exemple : « Un enfant qui serait séparé de ses parents pour un temps sans recevoir une marque d’affection (câlin ou bisou), pourrait être une charge émotionnelle traumatique pour l’amygdale de l’enfant en question. »

3. Qu’il soit perçu comme vital et sans échappatoire … il apparaît comme une solution pour « dé-traumatiser » un événement dans l’amygdale.

« Souvenez-vous que toute perturbation émotionnelle produit une perturbation énergétique »

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