Un sportif doit-il se faire mal pour réussir ? Peut-on gérer la souffrance avec la sophrologie…

Dans toute approche du travail mental prévalent bien sûr des notions essentielles telles que l’éthique, l’écoute, et le respect de l’accompagné.

Gérer la douleur du sportif par la sophrologie !!!

Plus que les compétences de chaque accompagnateur, ce qui est essentiel c’est « l’alliance » qui va naitre entre les deux parties. 

Plus que la douleur, c’est la « souffrance » (l’interprétation et la représentation que l’on se fait de sa douleur) qui peut être gérée. 

Comme une graine qui va germer, éclore, puis grandir à deux de concert (puis en autonomie), le coach guide et accompagne, il transmet des ressources spécifiques et adaptées au sophronisant selon ses besoins avec confiance et bienveillance. 

Si cela fonctionne on parle de coopération positive et créative, de synergie née de cette alliance. C’est cet effet cocktail « surprenant » qui crée certains grands champions. 

Mais alors pourquoi ce succès ne se généralise-t-il pas au plus grand nombre ?

Peut-être simplement parce que les attentes sont différentes, que les ressentis subjectifs et les appréciations forcément partiales… 

Faut-il se « faire mal » pour réussir ? 

La vraie question n’est peut-être pas de savoir si la douleur est nécessaire, mais plutôt de savoir ce qui se passe en nous au moment de la douleur, et ce que l’on doit faire lorsqu’on franchit la frontière du raisonnable. 

Quelle est la bonne attitude à tenir quand notre cerveau nous envoie des signaux d’alertes récurrents : trop d’acide lactique, ampoules, courbatures, tendinites voire vertiges ?

Surprenante au début de la pratique sportive, la douleur s’apprivoise au fil du temps et devient même une compagne au long cours qu’il s’agit d’apprivoiser en conscience. 

Comme une étape que l’on parvient à franchir pour s’attaquer ensuite à une autre encore plus haute, nous éprouvons un sentiment de fierté à aller chercher la suivante. Au fur et à mesure qu’augmente notre résistance physique et psychique, nous parvenons à nous endurcir et à relever nos seuils de douleur. 

Un corps préparé avec sérieux est comme un élastique que l’on tend à l’extrême : nous pouvons atteindre progressivement des amplitudes d’efforts insoupçonnées, des performances athlétiques inouïes, jusqu’à ce qu’on sente ce moment précis où l’élastique est à la limite de sa tension : A cet instant, nous avons le choix de relâcher, ou bien de continuer jusqu’à la rupture. 

Je pense qu’il s’agit à chacun d’expérimenter à son rythme, en se reconnectant à ses sensations, pour mieux entendre ses propres ressentis, ses émotions, et tous les phénomènes qui s’ajustent au plus profond de soi afin de trouver le bon équilibre (physique, technique et mental) qui permet de se transcender le jour J.

Chaque être humain naît avec un potentiel génétique. Les uns possèdent des fibres musculaires adaptées à l’endurance tandis que d’autres possèdent des fibres adaptées au sprint, à l’explosion. 

Certains seront des « besogneux », des « suiveurs », d’autres seront des « guerriers » et des « instinctifs doués ». 

A ce capital s’ajoutent progressivement des conditionnements familiaux, culturels, sociaux, sociétaux et bien évidemment sportifs, puis tout un tas de croyances limitantes ou aidantes.

Le rôle de l’accompagnant est de permettre à chacun de développer la prise de conscience des ressources enfouies, puis l’acceptation des efforts à faire et enfin l’optimisation du potentiel mental individuel pour permettre ensuite de se dépasser.

L’environnement proposé doit-être le plus adapté et performant possible et respecter un cadre relationnel défini et précis :

  • Une préparation physique adaptée,
  • Un suivi médical préventif (et curatif),
  • Un suivi physiologique (kiné – ostéopathe), 
  • Un suivi nutritionnel (naturopathe, nutritionniste), 
  • Un travail d’équilibre psycho-corporel à travers la respiration, la gestion des émotions et les visualisations positives (sophrologie)

Dans les faits, sur le terrain, plusieurs situations se présentent face à la douleur de l’athlète, qui doivent toutes être prise en charge :

  1. La douleur physique : l’investigation médicale précède obligatoirement l’éventuelle prise en charge par un sophrologue. Si la sophrologie est reconnue comme soin de support pour optimiser les processus de guérison elle ne supprime pas les symptômes. Elle peut être également très utile en prophylaxie (en prévention, installer un rituel)
  2. La douleur « mentale » ou « stress psychologique »: « Se faire mal », « Aller jusqu’au bout de ses limites » fait partie du cheminement du sportif de haut niveau, mais il est nécessaire de faire le « tri » en proposant une prise en charge adaptée à chacun (chaque sport est différent, chaque sportif est unique). On apprend alors à « gérer » cette souffrance.
  3. La douleur après l’effort ou « stress physiologique » (courbatures, crampes, tensions) : l’objectif est d’optimiser les processus de récupération active (relaxation dynamique, visualisation avec substitution sensorielle, etc…) 

Ce qu’il faut retenir

  • Privilégier le travail individuel plutôt que collectif, 
  • Travailler sur la durée, de manière répétitive et persévérante, au même titre que l’entraînement physique et technique,
  • S’investir aux côtés du sportif . Celà sous-entend que celui-ci accepte en amont le cadre précis et défini de l’accompagnement.être volontaire, motivé et impliqué dans la démarche,

Optimiser les ressources du sportif,

Les « outils » et techniques phroniques proposés en sophrologie sont axées sur les sensations et perceptions du sportif qui progressivement se met à l’écoute de son corps :

  • La respiration diaphragmatique pausée et la relaxation dynamique induisent un processus physiologique de détente intéressant (avant, pendant et après l’effort),
  • Les capacités d’attention, de concentration et de récupération sont optimisées,
  • J’utilise également l’EFT pour déprogrammer des réactions émotionnelles cristallisées, qui peuvent provoquer du stress, réveiller des peurs ou de l’anxiété en plein milieu de l’épreuve sportive et souvent au plus mauvais moment…
  • Les techniques de visualisations positives sont également très intéressantes.

Cette approche d’accompagnement nécessite un profond respect du sportif en tant qu’être humain. Il faut aborder cette relation de terrain, avec un langage adapté basé sur l’écoute et la bienveillance,

Mon expérience et mon observation m’amène à considérer que ce travail sur le mental et les émotions est incontournable et devrait trouver sa juste place aux côtés du travail physique et technique, afin d’installer des réflexes positifs dès le plus jeune âge

A quel moment pratiquer la sophrologie ?

Elle se pratique à toutes les étapes de la préparation et de la gestion de la souffrance,

  1. Pendant l’effort : 

Si la souffrance physique est « normale », elle est aussi profondément psychique : Un tennisman dominé dans un match va somatiser son anxiété par une posture corporelle spécifique et symptomatique de son état d’être du moment : tête baissée, épaule en dedans, regard tourné vers le sol, orientation du tamis vers le bas, pieds qui trainent… Il va cristalliser sa douleur sur un organe : peut-être un poignet, un coude, une épaule ou un adducteur un peu fatigué voire réveiller une ancienne blessure. 

Mais s’il a la capacité à reprendre le dessus mentalement, sa posture va aussi changer : Les sensations de souffrance vont « s’estomper », ses perceptions corporelles deviendront différentes, ses douleurs moins « présentes », sa vision du jeu peut s’éclairer et l’issue du match s’inverser. 

La prise de conscience de son état d’être dans l’instant présent permet de le reconnecter à ses ressources profondes. 

C’est par un entrainement régulier sur des « visualisations positives » qu’il va apprendre à gommer les tensions corporelles diffuses et se forger petit à petit un « mental » de battant.

Apprendre à reconnaitre la douleur, l’accueillir et l’accepter pour mieux la sublimer

En sophrologie, nous utilisons la visualisation positive, à travers l’évocation d’une image qui vient se substituer à la douleur ressentie (un OBJET NEUTRE, un lieu ressourçant, le visage d’un être cher, la ligne d’arrivée, la remise d’une coupe). 

Nous pouvons également substituer à cette douleur une autre sensation (si cela brule nous apportons par exemple de la fraîcheur), une autre couleur ou une autre forme (substituer une couleur pastel à une couleur vive ; une forme aux courbes douces et rondes à une forme pointue), nous pouvons changer la temporalité, laisser venir un sourire sur notre visage pour libérer les tensions quand la douleur provoque une grimace… 

Nous pouvons également axer le travail sur l’estime de soi (sentiment d’exister), ou sur la « générosité » du sportif à « tout donner » (faire le cadeau de cet effort à un être cher malade ou disparu, offrir son énergie pour une cause (association caritative). Il n’est pas rare de voir des sportifs se transcender lorsqu’ils viennent d’être papa.

En sophrologie nous n’induisons rien, chaque individu se connecte à ses propres images, à sa base de données de souvenirs positifs, et applique sa propre stratégie calmante et analgésique qu’il choisit librement en conscience. 

Cet objet neutre, (mot ou lieu ressource), contacté régulièrement au cours de l’apprentissage devient progressivement un réflexe « pavlovien »: le cerveau associe ce dernier comme stimuli positif et génère des réactions automatiques et apaisantes dans l’organisme.

2. Après l’effort :

La sophrologie s’intègre dans une démarche essentielle de récupération active. Elle est plus « directive » dans la structure de la séance : l’induction sera brève et adaptée mais plus orientée afin de solliciter avec précision un système ou un organe spécifique en souffrance. 

L’objectif étant que le sportif puisse, après quelques séances de travail, spontanément entrer dans son propre espace de récupération de manière autonome (bulle protectrice). 

L’axe de travail est essentiellement orienté sur la respiration diaphragmatique pausée (en cohérence cardiaque) afin de solliciter le parasympathique (ralentir consciemment le rythme cardiaque et respiratoire pour abaisser le niveau de cortisol) et sur la pratique de visualisation d’éventuelles lésions anatomiques, le relâchement de tensions musculaires et tendineuses … 

D’autres axes peuvent être traités:

  • Troubles du sommeil : Préparer l’athlète à bien s’endormir pour mieux récupérer,
  • Après une blessure handicapante, suggérer la mise en place d’une stratégie de réparation à plusieurs niveaux pour accélérer et optimiser le processus de guérison (visualiser la circulation du sang qui « détoxifie », d’éventuelles lésions qui se résorbent, le traitement médical qui « mange » les toxines ou qui « répare » les fibres abimées et accélère la cicatrisation…)
  • Grace à cette discipline nous pouvons rester mentalement relié à notre sport pendant toute notre convalescence: L’athlète peut continuer à visualiser ses mouvements et ses ajustements, la surface de pratique (court, parcours, circuits, pistes), ses entraînements et même ses compétitions passées (et futures), revivre positivement ses échecs ou se projeter sur une échéance à venir avec un regard neuf et lucide sur les progrès et le chemin à parcourir

C’est par ce travail quotidien, long, rigoureux et répétitif que l’athlète va se sublimer le jour « J » : « Être plus fort que la douleur devient alors possible » !

Bonne expérimentation.

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