Voyage ou destination … qu’est ce qui importe le plus?

Photo by Dino Reichmuth on Unsplash

Nous vivons dans un monde d’immédiateté et perpétuellement en recherche de performances : Quotidiennement on se charge de nous fixer (ou nous nous fixons nous-mêmes) des objectifs de plus en plus ambitieux qui monopolisent nos pensées sans répit.

Si se fixer des objectifs est fondamental, en permettant d’orienter notre vie, nos gestes et nos actions, s’ils donnent un sens à ce que certains nomment la « quête du bonheur », ils ne doivent pas pour autant nous faire oublier l’instant présent.

A se projeter sans cesse au lendemain, on en oublie souvent l’essentiel, l’ICI et MAINTENANT, là où tout se joue réellement !

La réalisation de nos objectifs nous apparait parfois comme la condition sine qua non à notre épanouissement personnel :

Réussite = Bonheur !?!?

L’indice de la réussite humaine se « matérialise » soit par l’atteinte d’objectifs (privés, professionnels, sportifs), soit par la possession :

« J’ai réussi car j’ai une belle voiture, une maison de rêve avec vue mer, je peux m’offrir des vacances à l’autre bout du monde, des vêtements de marque, une montre de luxe… »

On mesure la réussite humaine comme on pèse un légume sur le marché: cet homme d’affaires « pèse » des millions !

Voilà le cercle vicieux dans lequel nous sommes souvent embarqués, sans réellement comprendre ce qui se passe, sans chercher à prendre le temps de la réflexion…

Un bonheur immédiat bien éphémère …

Cet acte de la vie courante vient satisfaire un besoin de récompense immédiat que l’on justifie souvent auprès de notre entourage comme pour se dédouaner et ne pas nourrir un sentiment de culpabilité : « J’ai travaillé je peux me faire plaisir, je ne l’ai pas volé, j’ai bossé pour… » :

Nous nous récompensons d’avoir travaillé dur et nous travaillons encore plus dur pour mieux nous récompenser.

Lorsque nous faisons l’acquisition d’un bien, cet acte nous apporte une forme de joie intérieure, peut-être même nous rend-il « heureux » sur l’instant.

Mais ce qui doit nous interpeler, est que si la possession de ce bien nous rend si « heureux », pourquoi dès lors que nous l’avons acheté, cette satisfaction s’étiole rapidement ?

Nous nous remettons rapidement en quête d’un nouvel objet de convoitise !

La finalité de nos actions semble bien supérieure à nos actions elles-mêmes !

« Qu’importe tous mes sacrifices, la réussite est plus importante que la quête. Si je termine cette course premier, si je possède ce bien, si j’obtiens cette promotion, alors je serai heureux ».

N’est ce pas un leurre de notre cerveau ?

Et si la réalisation de nos objectifs n’était en fait qu’une fuite en avant vers le « toujours plus » : une parfaite création fantasmagorique de notre cerveau pour nous laisser dans une illusion.

De passif à proactif, mais sans attente …

Rien ne se fait sans efforts ni sacrifices, sans implications ni engagements, sans choix ni responsabilités (…) mais là où réside justement cet ultime défi, c’est de pouvoir lâcher prise alors même que nous venons enfin de décider de nous engager à être le sujet de notre propre existence (et non plus l’objet des circonstances).

L’explosion de joie n’est donc pas toujours à la hauteur de ce que l’on aurait pu imaginer. 

Qui n’a jamais été en deçà de l’euphorie tant convoité ? 

Serions-nous donc trop dans l’attente de … ?

Et si finalement, le bonheur, était dans l’expérience vécue, dans le chemin à parcourir plutôt que dans le but à atteindre ?

Bien entendu il est fondamental de se fixer des objectifs, mais ils ne doivent pas être calqués sur le monde extérieur.

Que ce soit un objectif sportif, professionnel ou dans le cadre de ma vie privée,  il doit me ressembler, et être cadré:  S.M.A.C. (spécifique, mesurable, accessible, compatible)

Quel que soit le niveau d’un cycliste, l’ascension d’un col lui procurera un plaisir bien plus grand que de simplement poser le pied au sommet.

Dans mon quotidien, si je reste connecter au présent, si je prends le temps d’apprécier chaque pas, chaque paysage, si j’apprends à maitriser mes doutes, à vaincre mes peurs,  je trouverai dans ces moments d’expérimentations la joie et ma propre source de bonheur.

Toutes les émotions sont universelles, mais mon ressenti est unique et subjectif: le plus important n’arrive donc pas au bout du chemin, mais s’expérimente bien au long du parcours !

Conservez toujours votre but en ligne de mire, restez fixé sur votre objectif comme un marin sur son phare, mais sachez profiter du moment présent, adaptez-vous au côté éphémère des choses pour ajuster au plus près votre posture.

« Je ressens l’instant présent, j’accueille l’impermanence des choses, je m’éveille à une forme de « Paix intérieure », j’expérimente le lâcher-prise pour produire enfin quand je suis mis en lumière (réunion, prise de parole en public, compétition…), le meilleur ce que je maîtrise à l’entrainement! »

En développant ces capacités, j’apprends progressivement à me détacher de l’objectif à atteindre qui génère souvent beaucoup de tensions, d’anxiété et de stress :  La quête serait donc plus importante que la possession !

Atteindre son objectif implique donc de s’en détacher.

Le succès est la conséquence de tous nos actes et non un but à atteindre.

Dans le domaine sportif, certains athlètes de haut niveau alternent échecs et succès alors même que leurs capacités sont à leurs meilleurs niveaux. Ils véhiculent un manque de sérénité frappante le jour de la défaite, ou au contraire donnent un sentiment de « détachement » et de plénitude le jour de la réussite, comme s’ils étaient dans une bulle, intouchables, comme si la victoire n’était plus leur but ultime : ils sont simplement concentrés sur le chemin à parcourir pour y arriver.

La victoire finale est donc la conséquence de l’ensemble des besogneuses et douloureuses étapes cumulées, pas à pas, lors des entrainements et des matchs précédents !

Recommandations

Concentrez-vous quotidiennement sur la préparation de votre objectif, en acceptant que cette préparation soit déjà en soi un véritable défi !

Vous êtes, sans en être encore conscient, déjà en train de vivre quelque chose de magnifique. Profitez de tous ces petits instants éphémères et uniques que vous vivez : un lever ou un coucher de soleil, l’air frais du petit matin, la rosée et les parfums lors de vos balades, de vos footings ou de vos sorties à vélo qui rythment votre préparation. Nourrissez-vous des rencontres mêmes fortuites (Il n’y a pas de hasard !!!)et des échanges qui parsèment votre route. La finalité deviendra secondaire: c’est dans ces moment-là où l’on vit et expérimente en pleine conscience que l’on progresse le plus.

Sachez optimiser l’ensemble des itinéraires (principaux et bis) que vous avez déjà empruntés jusqu’à aujourd’hui, visualisez vos souvenirs et ravivez votre mémoire : 

Vos échecs et vos réussites ont fait de vous ce que vous êtes aujourd’hui, ICI et MAINTENANT.

Ouvrez-vous aux innombrables voies qu’il vous reste encore à expérimenter et autorisez-vous à ces merveilleux temps de pauses que vous offre la vie.

À vous de jouer, osez !

Gilles TARAQUOIS – Sophrologue – 0785481874 – gillestaraquois@sophroespacedevie.fr

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